783 personnes sont mortes à la suite d’un accident du travail en 2025. C’est 19 de plus qu’en 2024.
Dans le même temps, l’Assurance maladie recense plus de 551 000 accidents du travail avec arrêt ou incapacité permanente.
Des chiffres qui posent une question : pourquoi les accidents mortels continuent-ils d’augmenter alors que la fréquence globale des accidents reste stable ?
Et surtout, comment mieux les prévenir ?
783 décès en 2025 : ce que révèle le bilan de l’Assurance maladie
Le 13 octobre 2026, l’Assurance maladie a présenté les principaux chiffres des risques professionnels pour l’année 2025.
Ce bilan confirme 783 décès à la suite d’un accident du travail, contre 764 en 2024. Cela représente 19 décès supplémentaires en un an.
En tenant compte des accidents de trajet et des maladies professionnelles, l’Assurance maladie comptabilise 1 331 décès liés aux risques professionnels.
Le bilan 2025 de l’Assurance maladie confirme une nouvelle hausse des accidents du travail mortels.
En un an, leur nombre passe de 764 à 783 décès.
Et ce n’est qu’une partie du bilan.
Si l’on ajoute les accidents de trajet et les maladies professionnelles, 1 331 personnes sont décédées en 2025 dans les catégories de risques professionnels suivies par l’Assurance maladie.
Dans le détail :
783 décès à la suite d’un accident du travail ;
344 décès après un accident de trajet ;
204 décès liés à une maladie professionnelle.
Soit 34 décès supplémentaires par rapport à 2024.
Un autre chiffre mérite l’attention : plus de la moitié des décès reconnus comme accidents du travail sont liés à des malaises.
Ces données concernent le régime général. Elles ne couvrent pas l’ensemble des travailleurs, notamment les salariés agricoles et les agents des fonctions publiques.
Plus de 551 000 accidents du travail : une fréquence qui reste stable
En 2025, l’Assurance maladie comptabilise 551 225 accidents du travail avec arrêt ou incapacité permanente.
C’est une légère hausse de 0,3 % par rapport à 2024.
La fréquence, elle, ne bouge presque pas : 26,4 accidents pour 1 000 salariés.
Mais derrière cette stabilité, le nombre de décès augmente.
Cela invite à regarder au-delà des statistiques globales.
Dans une entreprise, compter les accidents ne suffit pas. Il faut aussi comprendre comment ils surviennent.
Un salarié disposait-il du matériel adapté ? Avait-il reçu une formation suffisante ? Les délais imposés lui permettaient-ils de travailler en sécurité ?
Ces questions concernent directement l’organisation du travail.
Et c’est souvent en examinant les situations concrètes que l’on peut identifier des mesures de prévention utiles.
Accidents de trajet : une hausse de 1,7 % en 2025
Les accidents de trajet progressent également.
L’Assurance maladie en recense 96 306 en 2025, soit 1,7 % de plus qu’en 2024.
Ces accidents concernent notamment les déplacements entre le domicile et le lieu de travail.
Dans certaines entreprises, les horaires décalés, la fatigue ou les contraintes de déplacement méritent une attention particulière.
Le CSE peut interroger l’employeur sur les situations qui exposent les salariés au risque routier.
L’objectif n’est pas seulement de rappeler les règles de prudence. Il s’agit aussi d’examiner les conditions dans lesquelles les déplacements s’effectuent.
Les jeunes salariés particulièrement exposés aux accidents du travail
Les moins de 25 ans sont davantage touchés par les accidents du travail.
Ils représentent 11 % des salariés du régime général, mais 16 % des victimes d’accidents du travail.
Et leur part atteint 23 % des victimes d’accidents de trajet.
Leur indice de fréquence s’élève à 36,4 accidents du travail pour 1 000 salariés, contre 26,4 pour l’ensemble des salariés.
Pourquoi une telle différence ?
Ces statistiques ne permettent pas, à elles seules, d’en identifier toutes les causes. Mais elles invitent à regarder de près les conditions d’accueil et de formation.
Un jeune salarié connaît-il les risques de son poste ? Peut-il poser des questions ? Dispose-t-il d’un accompagnement suffisant pendant ses premières semaines ?
L’intégration ne devrait pas se limiter à une présentation des consignes de sécurité.
Elle doit aussi permettre au salarié d’apprendre à travailler dans de bonnes conditions.
Pour les élus du CSE, l’accueil des nouveaux embauchés et des alternants constitue donc un sujet concret de prévention.
Maladies professionnelles : les troubles musculosquelettiques restent majoritaires
En 2025, l’Assurance maladie recense 52 187 maladies professionnelles avec arrêt ou incapacité permanente.
Leur nombre augmente de 3,1 % en un an.
Près de 90 % concernent des troubles musculosquelettiques (TMS).
Derrière ce terme, on retrouve notamment des atteintes aux muscles, aux tendons et aux articulations.
Les gestes répétitifs, les manutentions ou les postures contraignantes peuvent contribuer à leur apparition.
Mais ces risques ne dépendent pas uniquement des gestes réalisés.
La cadence, les pauses, les équipements et l’organisation des tâches peuvent aussi jouer un rôle.
Les affections psychiques reconnues comme maladies professionnelles progressent également de 9 %. Leur nombre reste toutefois limité parmi les maladies professionnelles reconnues.
Ces données invitent à examiner le travail tel qu’il se déroule réellement, et pas seulement tel qu’il est prévu dans les procédures.
Quel rôle pour le CSE dans la prévention des accidents du travail ?
Face à ces chiffres, les élus du CSE ont des moyens d’action.
Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE dispose d’attributions spécifiques en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail.
Il peut notamment :
Analyser les risques auxquels les salariés sont exposés.
Réaliser des inspections pour examiner les conditions de travail.
Mener des enquêtes après certains accidents du travail ou maladies professionnelles.
Faire remonter les difficultés signalées par les salariés.
Proposer des mesures de prévention adaptées aux risques identifiés.
Suivre les engagements de l’employeur et les actions mises en place.
Ces missions prennent tout leur sens lorsqu’elles s’appuient sur ce que vivent les salariés.
Un accident, un presque-accident ou une situation dangereuse peuvent révéler un problème plus large.
Encore faut-il prendre le temps de les analyser.
Après un accident, regarder aussi l’organisation du travail
Lorsqu’un accident survient, la première question porte souvent sur le comportement du salarié.
A-t-il respecté les consignes ? A-t-il utilisé les équipements prévus ?
Ces questions peuvent être utiles. Mais elles ne suffisent pas.
Il faut aussi comprendre le contexte.
Le salarié avait-il le temps de réaliser sa tâche ? Les effectifs étaient-ils suffisants ? Le matériel fonctionnait-il correctement ? Les consignes correspondaient-elles au travail réel ?
Un accident peut résulter de plusieurs facteurs qui se cumulent.
Se limiter à une erreur individuelle risque donc de laisser de côté des causes importantes.
Prévenir les accidents, c’est aussi questionner l’organisation du travail.
Cette démarche permet d’agir sur les risques à leur source, plutôt que de se contenter de rappeler les règles après chaque incident.
Expertise SSCT : quand le CSE peut-il faire appel à un expert ?
Certaines situations nécessitent une analyse plus approfondie.
Le Code du travail permet au CSE de recourir à un expert habilité en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) dans des cas précis.
C’est notamment possible lorsqu’un risque grave, identifié et actuel existe dans l’établissement.
Une expertise peut également être décidée dans le cadre de certains projets importants qui modifient les conditions de santé, de sécurité ou de travail.
L’expert examine les situations de travail, les facteurs de risque et les conséquences de l’organisation sur la santé des salariés.
Son analyse aide les élus à mieux comprendre les difficultés rencontrées et à formuler des propositions.
Il faut toutefois distinguer un accident du travail de la situation juridique permettant une expertise pour risque grave.
La survenue d’un accident ne suffit pas automatiquement à justifier une expertise. Le CSE doit apprécier les conditions légales au regard des faits constatés dans l’établissement.
Accidents du travail en 2025 : ne pas s’arrêter aux chiffres
783 décès par accident du travail.
Plus de 551 000 accidents avec arrêt ou incapacité permanente.
Des jeunes salariés davantage exposés et des maladies professionnelles qui progressent.
Ces chiffres donnent la mesure des risques. Mais ils ne disent pas tout des situations de travail qui les produisent.
Dans chaque entreprise, la prévention suppose de regarder les postes, les contraintes, les moyens disponibles et les choix d’organisation.
Pour les élus du CSE, c’est un enjeu majeur : comprendre les conditions de travail pour mieux prévenir les risques.
Addéo Conseil : accompagner les CSE dans l’analyse du travail réel
Chez Addéo Conseil, nous accompagnons les représentants du personnel dans l’analyse des risques professionnels et des conditions de travail.
Notre démarche s’appuie sur l’étude des situations concrètes, l’écoute des salariés et l’analyse de l’organisation du travail.
Dans le cadre des expertises SSCT prévues par le Code du travail, nous apportons aux élus un regard indépendant sur les risques et leurs causes.
Notre objectif : leur donner des éléments solides pour comprendre les situations rencontrées, dialoguer avec l’employeur et proposer des mesures de prévention adaptées.
Vous êtes élu du CSE et vous vous interrogez sur les risques professionnels dans votre entreprise ?
Contactez Addéo Conseil pour échanger sur votre situation et les possibilités d’accompagnement.
Sources :
Assurance maladie – Risques professionnels, communiqué du 13 octobre 2026.
Rapport annuel 2025 publié en octobre 2026.
Le rapport annuel complet de la branche AT/MP sera publié sur assurance-maladie.ameli.fr au plus tard fin octobre 2026.









